Editorial du 16 mars 2016

Les reculs sociaux dont sont victimes les retraités sont actés et vont s’accroître. Ils sont d’ailleurs confirmés par les rapports de l’OCDE, du Conseil d’Orientation des Retraites et de la cour des comptes.
Suppression de la demi-part fiscale, fiscalisation de la majoration pour avoir élevé 3 enfants,instauration de la CASA, nouveau calcul de la CSG, augmentation de la TVA… Cette cascade de mesures a des conséquences considérables sur tous les retraités.
Les preuves : le recul de l’espérance de vie, la surmortalité des plus de 65 ans en 2015.
Pensions gelées depuis avril 2013, revalorisées de 0,1 % au 1er octobre 2015, une aumône, une honte! Il faudrait, nous dit-on, faire des économies et les retraités sont mis à contribution. Pourquoi ? Pour financer le pacte de responsabilité, qui accorde aux entreprises des milliards, sans contrepartie pour relancer l’économie et réduire le chômage.
Qui y a cru? Certainement pas notre Premier ministre même s’il fait mine, aujourd’hui, de découvrir que le patronat n’a pas joué le jeu.
Idem pour la loi El Khomri qui aggravera la précarisation de nos enfants et de nos petits-enfants, dont nous sommes évidemment solidaires, et qui réduira la protection sociale et à terme les pensions de retraite.
Résistons, jeunes et moins jeunes unis, pour une vie digne pour tous.
le 16 mars 2016,
Annie Petit, Secrétaire Nationale

Les balades : l’espace public sous l’angle de la découverte et du plaisir !

En 2014

En partenariat avec les associations Decumanos, Bama Vibe et France Bénévolat, nous avons participé à 4 promenades intergénérationnelles sur les traces de l’art de rue, qui se sont déroulées entre avril et juin 2014, avec les élèves de l’école élémentaire de la rue Servant (Paris 11è). Préparé au sein de l’atelier «mémoire-philo » par une séance de sensibilisation à l’art urbain avec la projection d’un film sur l’artiste Ernest Pignon Ernest, ce « retour » sur l’art a fait écho à un travail mené au sein du même atelier mémoire-philo en 2013 autour des écrits et dessins de Paul Klee et de Michaux avec réalisation de dessins de la part des participants cartes postales et livret d’art 2013 cliquez sur le lien suivant BROCHURE

Photos 

 

 

En 2015

« Ménilmontant sur les pas de Georges Perec » : l’association Les Promenades Urbaines nous a accompagné à regarder notre environnement différemment, au moyen d’ « exercices pratiques ».

1è atelier : s’est déroulé autour des travaux pratiques proposés par Perec sur la conception des appartements, extraits de « Espèces d’espaces ». Les 5 participants ont décrit les quartiers, les immeubles, les pièces des appartements, les voisinages qui ont traversé dans leur vie.

2è atelier : au Forum des Images visionnage d’extraits de films : Le mannequin de Belleville, Casque d’Or, La rue Vilain. Les représentations du quartier au début XXème avec la « campagne sauvage » et dans les années 1960 avec les  « vastes friches » seront évoquées pendant la promenade à travers les souvenirs d’enfance de 3 participants.

3è rencontre : 11 personnes ont participé à la promenade dans le quartier de Beaubourg animé par Régis Labourdette, historien de l’art et photographe, sorte de « mise en situation » pour animer une promenade urbaine.

4è rencontre : s’est déroulée à la bibliothèque de rue des Couronnes : approche à la recherche documentaire.

5è rencontre : atelier de synthèse, de choix des extraits à lire et d’organisation du filage de la promenade avec propositions diverses de la part des participants.

La promenade, enfin, le 2 mai 2015 nous étions d’une cinquantaine de personnes à profiter de cette visite guidée et commentée de nos quartiers !

Ce serait à refaire !

Pour voir les photos et les étapes de la promenade 

1è arrêt : au pied du parc de Belleville :

Lecture d’un extrait d’Espèces d’espaces « la page » ;

Un petit saut dans le 18è siècle, lecture d’un extrait de Rêverie du promeneur solitaire de J.J.Rousseau

2è arrêt : au niveau de la rue Vilain

Lecture d’un extrait d’Espèces d’espaces « le lit » ;

Lecture d’extraits de L’infra-ordinaire

3è arrêt : en haut du parc de Belleville

Lecture d’un extrait d’Espèces d’espaces « l’escalier» ;

4è arrêt : rue des Cascades devant la maison de Casque d’or

Lecture d’un extrait d’Espèces d’espaces « petite pensée placide n° 1» ;

5è arrêt : carrefour rue des Pavillons/rue Pelleport, devant l’immeuble de F Borel

Lecture de deux extraits d’Espèces d’espaces « habiter» et « l’immeuble » ;

Débat improvisé sur le décalage entre la vision des revues d’architecture, des habitants et des riverains : le « silo à grains » témoignage de Nicole.

6è arrêt : après le square des Saint-Simoniens, au niveau de la rue de Ménilmontant

Lecture d’un extrait d’Espèces d’espaces « le quartier» ;

Débat improvisé sur la notion de quartier, d’identité de quartier : frontières mouvantes, la rue Ménilmontant comme frontière, le « 140 »… témoignages diverses.

7è Arrêt : rue de la Chine

Lecture d’un extrait d’Espèces d’espaces « la rue» ;

Après Rousseau et le 18ème siècle ; faire revivre une autre époque : extrait de Huysmans, description de la rue de la Chine, quelques éléments sur le contexte du quartier au 19ème siècle

8è arrêt : rue des Amandiers

Lecture d’un extrait d’Espèces d’espaces « la ville» ;

Le passé commerçant de la rue, passage d’une rue très vivante et commerçante à son visage actuel, les bouleversements des opérations de rénovation urbaine, témoignages diverses, témoignage de Lila : même expérience vécue par son père en Algérie

Conclusion en ironie de la promenade : pour embellir la ville… dans l’esprit de G. Perec… regarder aux propositions des surréalistes !!!!

Manifestation le 10 mars 2016 pour le pouvoir d’achat

Les neuf organisations de personnes retraitées CGT, FO, CFTC, CGC, Solidaires, FSU, FGR-FP, LSR, Ensemble & solidaires-UNRPA poursuivent leurs mobilisations commencées ensemble dès le printemps 2014.
Elles appellent à agir le 10 mars dans chaque département contre la baisse du pouvoir d’achat, résultat du cumul de plusieurs décisions politiques des gouvernements

Mobilisation générale le 10 mars pour :

-  Une revalorisation des pensions en fonction de l’augmentation du salaire moyen.
– Une pension au moins égale au SMIC revalorisé, pour une pension complète.
- La défense des pensions de réversion et leur déplafonnement dans le régime général.

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Le croisement de l’histoire collective et des histoires individuelles

Le croisement de l’histoire collective et des histoires individuelles a caractérisé les ateliers citoyens.

Le fil conducteur….

depuis 2010 : « renforcer le lien social et la mixité des âges…tisser des liens en récréant des expériences de « faire ensemble »…investir l’environnement social dans un cadre sécurisant et valorisant pour les personnes âgées…développer l’esprit critique pour être « habitants à part entière » et dire nos intérêts communs et collectifs

.ce fil conducteur traverse les nombreuses activités…

différentes sensibilités et centres d’intérêts coexistent dans ce projet donnant lieu à des actions et des objectifs multiples. Le point commun voulu est que chaque participant y trouve son entrée en matière de redynamisation personnelle et de citoyenneté active.

…c’est ainsi que……

après les deux expos photos « un certain regard par les habitants» réalisées en 2011 et 2012,

les « regards croisés, mots et mémoires des habitants » ont été le cœur en 2013 d’« images de mémoires » projet porté par l’association Voix Andalouses et « Padamoq (pour agir dans mon quartier) » qui ont ouvert le chemin à la rencontre entre les personnes âgées et les jeunes.

Puis, « regards croisés, mots et mémoires des habitants » en 2014, avec plusieurs moments forts parmi lesquels  « la visite-enquête dans la rue des Amandiers » avec des élèves et trois enseignants du collège Doisneau, et l’émission de radio (Radio Clype) avec interviews croisées. Mais aussi « les visites croisées sur le thème des coopératives dans le 20è » en partenariat avec le collectif Transition 20, et «la ZAC des Amandiers» avec l’urbaniste Robert Héritier, ainsi que le « voyage historique » animé par Denis Goguet et proposé pendant la fête de quartier des Amandiers en juin 2014.

…… les récits de vie  recoupent les grands passages de l’histoire contemporaine et de la mémoire collective.

2013-2014

Les débats publics, dès « l’hommage aux victimes du 17 octobre 1961 », en passant par le film « Comme un seul homme » et les réfractaires à la guerre d’Algérie se sont prolongés autour de «souvenirs de familles immigrées habitant le quartier des Amandiers » dans les années 40-50 » et de « la condition des immigrés de nos jours ».

Mais nous avons proposé aussi des rencontres-débat d’intérêt social, « contre la reforme des retraites » et « contre l’austérité » animés respectivement par Bernard Friot et Gérard Filoche,

2014-2015

Pièce de théâtre d’après Franz Fanon, au théâtre Tarmac le 6 décembre 2014. 

Rencontre débat avec l’éditeur Nils Andersson sur son « livre noir de six années de guerre en Algérie » le 3 mars 2014 .

Rencontre débat autour de Rosa Luxembourg « une pensée et une action contre la guerre » le 15 mai 2014.

« Hommage à Claude Voisin-soldat du refus-broyé par la guerre d’Algérie » habitant la rue des Amandiers dans les années 50,  le 30 avril 2014.

« Témoignage d’immigration d’une femme sénégalaise habitant Belleville » : vidéo en partenariat avec Canal Marche en juin 2014.

Rencontre débat avec l’écrivain Erri De Luca sur son livre « La parole contraire » le 26 mai 2015.

Rencontre débat avec « nos voisins, les migrants résident le foyer ADEF-Troën » le 23 mai 2015.

Année 2014

15 Mars 2014 :  Rosa Luxemburg une pensée, une action contre la guerre. avec Dominique Poirret “comprendre-avec-rosa-luxemburg .over-blog.com

TARDI15

2014, année des célébrations officielles de la boucherie de 14-18.

2014, l’urgence de transmettre la pensée, les analyses et l’action de Rosa Luxemburg contre la guerre

Parce que la guerre est toujours au centre de l’actualité du système que nous vivons, montrer les
fondements et la continuité de l’action de Rosa Luxemburg, c’est réfléchir aux causes de la guerre et
du ralliement du mouvement ouvrier, réinterroger son choix entre « Réforme sociale ou Révolution » …

21 Mai 2014:  Vers la gratuité des services publics et des biens communs. avec Paul Ariès politologue, rédacteur en chef du mensuel “les z’indigné(e)s” objecteur de croissance amoureux du bien vivre.

A la Libération, la France à genoux économiquement mais debout politiquement, avait adopté dans le  programme du CNR le principe de sécurité sociale…      La France et le monde sont aujourd’hui immensément plus riches. L’heure n’est donc pas à réduire notre système social mais à refonder un nouveau pacte encore plus émancipateur…  La gratuité est une réponse à l’urgence sociale, écologique et politique. Ce peut être une des façons de reprendre la main face à la droitisation de la société.

Année 2013

7 Mars 2013 : L’enjeu des retraites -exposé-débat avec Bernard Friot chercheur à l’Institut Européen du salaire.

RETARITES

La brutale contre-réforme de la retraite en 2010, la situation actuelle de chômage de masse, la baisse du pouvoir d’achat pour tous , imposent la recherche vitale d’une alternative …

27 novembre2013 : Pour une autre alimentation avec la participation de Véronique Lacomme et Michel Besson cofondateurs de la coopérative du commerce équitable Andines.

L’agroécologie ou l’agriculture biologique peuvent-elles et doivent-elles être réduites à un marché ? Ne doivent-elles pas être plutôt un mode de production et de distribution intéfré à un changement radical de société non plus fondée sur le profit mais sur les besoins prioritaires des populations ? 

Répertoire des ateliers citoyenneté

ATCIT

Le 24 octobre 2011 :

le 17 octobre 1961 : un massacre d’Algériens à Paris.  Rencontre débat avec l’historienJean -Luc Einaudi afin de réfléchir et débattre sur ces évènements tragiques, parmi les plus sombres de notre histoire commune:

– Pour une reconnaissance officielle de ce crime d’état.

– Pour nous inciter à la plus grande vigilance contre le racisme et les nouvelles formes de colonialisme.

 

Le 9 janvier 2012 :

Projection du film “comme un seul homme” de François Chouquet suivi d’un débat avec Christian Fiquet et Jean Lagrave de l’association des réfractions non violents à la guerre d’Algérie 1959-1963, autour du sens, de la valeur et de l’actualité de la désobéissance civile.

 

Le 14 mars 2012 :

Débat public : Démocratie, société civile” et contre-pouvoirs. Etat des lieux en Ile de France et dans le 20ème, enjeux politiques et politiciens. (J.C PLaut, G. Jeanmougin,M. Jakubowicz)

Nous souhaitons être nombreux…jeunes..vieux..à réfléchir et discuter par exemple, sur les actions menées à Saclay, Paris rive-gauche, Plaine commune ou dans le 20ème

sur ce qu’est un conseil de quartier ou le forum social pour une métropole solidaire,

sur les moyens que nous avons et pourrions avoir d’intervenir sur l(aménagement du territoire pour chercher quels sont les savoirs et les pouvoirs que les citoyen-nes peuvent et doivent légitimement s’approprier pour en particulier résister à la privatisation et à la marchandistaion de l’espace commun.

 

Le 23 mai 2012 :

Exposé-débat avec Zeggagh Mohand dit Tahar, dit Rachid auteur du livre “Prisonniers politiques pendant la guerre d’Algérie 1954-1962- La prison un champ de bataille”.         Dans le cadre du cycle des débats contre le colonialisme de l’état français, nous poursuivons la réflexion sur les leçons de l’histoire, sans cesser à approfondir pour la compréhension et la transformation de notre présent.

 

Le 29 juin 2012 :

Débat sur les “grands projets de rénovation urbaine”, “cohésion sociale”, “mixité sociale”, pourquoi? pour qui ? Quel devenir pour les quartiers Amandiers, Ménilmontant, Belleville, pour le 20ème arrondissement ? Avec Jacques Baudrier, conseiller municipal en cahrge de l’urbanisme pour le 20ème, qui exposer les projets principaux en cours et prévus.

 

Le 13 novembre 2012

Projection du film “Ils étaient des enfants ” de J.G Carasso, suivi d’un débat animé par M.Jakubowicz du comité Tlemcen. Comment une famille nombreuse d’immigrés juifs polonais traverse la 2ème guerre mondiale. dans le quartier des Amandiers.

Débat entre passé et présent   , entre générations pour développer tolérence et solidarité et nous donner envie d’évoquer nos chemins de vie à travers le 20ème arrondissement.

Trois mesures qui pèseront sur votre budget santé en 2014

Suite au vote de la loi de financement de la Sécurité sociale et la loi de finance 2014, voici trois mesures qui pèseront sur votre budget santé.

1) Augmentation de la taxe sur votre complémentaire santé :

Un contrat santé “solidaire et responsable” doit respecter une liste de critères fixés par le législateur, notamment la non prise en charge de la participation forfaitaire d’un euro prélevée sur les consultations, les actes médicaux, les examens de radiologie et les analyses de biologie médicale. Le contrat ne doit pas davantage prendre en charge les dé”passements d’honoraires des spécialistes consultés hors du parcours de soins, ainsi que la majoration du ticket modérateur sur les consultations effectuées hors ce parcours. Pour répondre au critère de solidarité, les cotisations et primes ne doivent pas être fixées en fonction de l’état de santé de l’assuré. L’imposition de la taxe spéciale sur les conventions d’assurance (TSCA) sur ces contrats est passée de 0 à 3,5% au 1er octobre 2011, puis à 7% au 1er janvier 2012.

Les contrats santé qui ne respectent pas les critères précités, sont appelés des “contrats non responsables”. Ils permettent notamment aux plus démunis, qui n’ont pas les moyens financiers de souscrire à un contrat “solidaire et responsable”, de bénéficier d’une couverture de base moins coûteuse, ne couvrant que leurs frais d’hospitalisation par exemple. Malheureusement, la taxe sur ces contrats est passée de 9% à 14% au 1er janvier 2014.

2) Nouvelle contribution pour financer la rémunération des médecins :

Pour participer au financement des dépassements d’honoraires des médecins à hauteur de 150 millions sur trois ans, une contribution à été instaurée.
Entièrement à la charge financière des organismes complémentaires et de leurs assurés, cette contribution a vocation à être payée au “médecin traitant” désigné par chaque assuré ou ayant droit lors de sa première consultation annuelle dans le cadre du parcours coordonné.

Bien que votée en 2014, son effet est rétroactif au 1er janvier 2013. La participation pour 2013 est fixée à 2,50 euros par personne couverte ayant consulté au moins une fois dans l’année son médecin traitant. Elle est de 5 euros au titre 2014.

Cette nouvelle contribution ne risque pas de faire baisser le coût des complémentaires santé…

3) Impôt sur la part patronale des contrats santé des salariés :

La contribution patronale pour une complémentaire santé souscrite par un salarié d’entreprise dans le cadre du contrat obligatoire n’est plus exonérée. La loi de finances 2014 a intégré ce nouveau dispositif pour les revenus perçus au cours de l’année civile 2013. Ainsi,  les contributions patronales seront intégrées dans les revenus imposables 2013. Les cotisations des salariés restent quant à elles déductibles du revenu imposable.

Le principal effet de cette mesure sera une augmentation des impôts payés par les salariés concernés dès 2014. Les plus modestes pourraient subir une escalade fiscale due notamment au franchissement des seuils, leur supprimant ainsi certaines allocations ou les rendant imposables sur le revenu et donc assujettis aux impôts qui en découlent (taxe d’habitation, redevance TV, etc.).

Pour l’augmentation des retraites: manifestation !

Appel mobilisation 3 juin 13h30
Manif nationale

R.V Place Joffre Métro Ecole militaire (pique-nique à 11h et départ manif 13h30)

« Ensemble et Solidaires – Unrpa »

DEFENDONS NOTRE POUVOIR D’ACHAT

C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase ! Les dernières mesures gouvernementales sont inacceptables pour les retraités dont le pouvoir d’achat des pensions est réduit d’année en année depuis trop longtemps.

Pour la défense et l’amélioration des pensions de retraite et du pouvoir d’achat.
Pour le retour de la revalorisation dès le 1er janvier de chaque année.
Pour le respect des retraités, Pour dire non aux mesures injustes

RASSEMBLEMENT A PARIS le 3 JUIN 2014

Dans l’unité, à l’appel de « Ensemble et Solidaires – Unrpa », la CGT, la CFTC, FGR, FO, FSU, LSR, Solidaires dans l’unité,

 

 

Atelier du 7 mai 2014: Bergson

“La durée toute pure est la forme que prend la succession de nos états de conscience quand notre moi se laisse vivre, quand il s’abstient d’établir une séparation entre l’état présent et les états antérieurs. Il n’a pas besoin, pour cela, de s’absorber tout entier dans la sensation ou l’idée qui passe, car alors, au contraire, il cesserait de durer. Il n’a pas besoin non plus d’oublier les états antérieurs : il suffit qu’en se rappelant ces états il ne les juxtapose pas à l’état actuel comme un point à un autre point, mais les organise avec lui, comme il arrive quand nous nous rappelons, fondues pour ainsi dire ensemble, les notes d’une mélodie. Ne pourrait-on pas dire que si ces notes se succèdent, nous les percevons néanmoins, les unes dans les autres, et que leur ensemble est comparable à un être vivant dont les parties, quoique distinctes, se pénètrent par l’effet même de leur solidarité? La preuve en est que si nous rompons la mesure en insistant plus que de raison sur une note de la mélodie, ce n’est pas sa longueur exagérée, en tant que longueur, qui nous avertira de notre faute, mais le changement qualitatif apporté par là à l’ensemble de la phrase musicale. On peut donc concevoir la succession sans la distinction, tout comme une pénétration mutuelle, une solidarité, une organisation intime d’éléments, dont chacun, représentatif du tout, ne s’en distingue et ne s’en isole que pour une pensée capable d’abstraire.”

Texte introduit par François, et qui sera ensuite commenté par François et Claudine, et commentaire de François sur son introduction et la discussion, à suivre).

Atelier du 7 mai 2014: Bergson

(Ce compte-rendu est une sélection de « moments » dans la « durée » de l’atelier. Ayant pris des notes en même temps que je coordonnais la discussion, on comprendra qu’il n’en restitue pas la « continuité ».)

BERGSON, la « durée », « l’intuition », voilà ce que Claudine nous avait amicalement proposé au « banquet » philosophique qui s’est tenu ce jour là, au sommet de la rue de la Mare, dans l’hospitalité de Christine et Serge. Au menu, un passage du chapitre 2 de l’ « Essai sur les données immédiates de la conscience », œuvre « princeps » de Bergson. De fait, sous ce titre, la publication de sa thèse, où se trouvent posées les bases de sa vision du temps, sous le concept de « durée ». Il faudrait ici avoir en mémoire l’ensemble du passage que nous avions à commenter pour mesurer la complexité de la question par quoi il commence : « Qu’est-ce donc la durée ? La durée toute pure est la forme que prend la succession de nos états de conscience quand notre moi se laisse vivre, quand il s’abstient d’établir une séparation entre l’état présent et les états antérieurs. »

Dans une première lecture distraite, ces mots nous rappellent St Augustin abordant dans les « Confessions », « la question du temps » : « Quand on me demande ce qu’est le temps, je suis bien en peine de répondre. Si on ne me le demande pas, je sais bien ce qu’il est … ». A quoi fait écho Bergson : la durée toute « pure », je l’appréhende dans la « …succession de nos états de conscience quand notre moi se laisse vivre… ». Tout de suite s’impose une lecture plus attentive : sous l’apparente simplicité de chacun de ces mots se profile une pluralité de questions, de significations,deperspectives,d’interprétations…

« Durée », « pure », « forme », « succession », « étatsdeconscience », « notre moi », « se laisse vivre », « séparation », « état présent »… De fait, il faudrait maintenant procéder à une lecture conceptuelle, c’est à dire considérer que chacun de ces mots relève d’une construction sémantique capable d’exprimer avec le plus de précision possible la réflexion bergsonienne, en donnant à chacun de ces concepts leur place et leur cohérence dans l’économie générale de l’ensemble de sa pensée. Vaste travail, s’il faut commencer à distinguer la « forme » chez Kant et Bergson, ou le « pur », le « moi », « la conscience » , chaque philosophe prenant bien soin, avant tout développement, et même au cours du développement, de travailler à la définition et la redéfinition des concepts employés. Immense chantier, s’il faut suivre à travers l’œuvre du philosophe (« Matière et

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Mémoire », « L’évolution créatrice », « Durée et simultanéité », « La pensée et le mouvant », « Les deux sources de la morale et de la religion »), les transformations et différenciations du concept. Travail d’historien de la philosophie. Mais nous devons en tenir compte même, et à plus forte raison, dans une première rencontre avec le philosophe et son texte. Ce n’est pas coquetterie de philosophe que de confronter son lecteur à la complexité et parfois à l’hermétisme de son discours. Cela répond à la nécessité interne à sa recherche et à sa vision : tout concept est créateur, de sens, de critique des valeurs établies, de perspectives de pensée, de « lignes de fuite » comme disait Deleuze. Et cela fait penser à ce que dit justement Deleuze dans « Qu’est ce que la philosophie ? ». Pour résumer, un concept philosophique se doit de remplir plusieurs missions, et c’est à cela qu’on le reconnaît. 1) il a une dimension « généalogique », il a une histoire que l’on doit pouvoir retracer, depuis son origine, mais aussi un pouvoir d’engendrer des lignages d’idées , 2) il a une fonction « critique », il doit permettre la remise en question des systèmes et des valeurs établis : il est forcément inédit et précurseur, 3) il est « problématisant », il permet de questionner à neuf en démontant les faux-problèmes , 4) il se doit d’être « perspectiviste », au sens où il ne vise pas à faire système à son tour, mais à indiquer des horizons, des cheminements de pensée et de vie. Cela, c’est Deleuze, en très très bref. Il y a des résonances de cela dans Bergson. Pour l’essentiel, « l’intuition » de la « durée » est une méthode de connaissance qui relève des mêmes préoccupations : elle cherche à comprendre la « présentation » du réel, en dehors de tout « à priori », comme la pointe visible et lisible de toute la « géologie » qui l’a poussé jusqu’à ce présent et dans l’actualisation de toutes ses virtualités. Le « présent » est donc loin d’être le banal « immédiat », ceci pour prendre recul critique face au « présentisme », seul compte l’instant présent, qui semble être la philosophie consensuelle de notre époque.

Pour Bergson, tout part d’un constat et relève d’une méthode. Le constat, c’est celui de l’impuissance des mots à rendre les choses, l’incapacité du langage à vaincre la « séparation » d’avec le « réel » (« réel » qui serait à définir, mais comment le faire sans le langage ?), la séparation d’avec les « autres », d’avec « soi-même ». Cette conviction obligera Bergson à poursuivre sa philosophie de la connaissance du côté de l’ « intuition » , du « qualitatif » plutôt que du quantitatif, du « non mesurable », du « temps réel », plutôt que du « temps spatialisé », du

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« personnel » plutôt que du « social », en direction du « moi profond »… autant de perspectives obligatoirement engagées du moment que « nous éprouvons une incroyable difficulté à nous représenter la durée dans sa pureté originelle » (Essai sur les données…). A ce point de la recherche de l’ « absolu » ( presqu’au sens où Platon se mettait en quête de « L’Idée pure » du monde sensible, et devait y renoncer devant l’impossibilité de sortir des « mélanges » entre « sensible et intelligible », recommandant de conquérir les « bons mélanges »… par exemple n’y a-t-il pas des plaisirs plus élevés que d’autres en direction du plaisir « pur » de tout mélange etc ), à ce point donc, on peut se demander si Bergson n’évacue pas trop vite le pouvoir du langage à décrire des perspectives sur le temps et la durée, par le style même et la composition du « temps du récit »( titre d’un livre de Paul Ricoeur consacré à cette question).

La méthode, à partir de ce constat, c’est de toujours commencer la recherche par la critique des faux-problèmes, des problèmes mal posés, voire inexistants, dus aux illusions de perception ou aux errances de la pensée inscrites dans le langage. Par exemple, si la philosophie s’affaire à « comprendre » la « réalité où nous vivons », le «  » est trompeur, car cette réalité n’est pas un « lieu », avec des données identifiables dans un espace, dont notre corps représenterait une partie, tout cela est de l’ordre du « quantitatif ». Cette réalité, elle est une manière d’être , un ensemble, un tout « qualitatif », dont participent en relation le « moi » et le « monde » que j’habite, sur tous les plans différentiels et hétérogènes du « moi vécu », de la « durée vécue », de la veille au rêve, de la sensation à l’imaginaire … Ainsi sera toujours préférée la connaissance comme expérience de la présence au réel, et critiquée le système de la re-présentation. Ainsi, pour Bergson, les limites du kantisme, pour qui espace et temps, comme « formes à priori de la sensibilité », en resterait à une « représentation «  du temps. Pire, par leur homogénéité, à une quantification du temps. Alors que pour Bergson, c’est là un exemple de confusion dû au langage, se représenter le temps en termes d’espace, et cela depuis Aristote, en termes « d’avant et d’après selon l’ordre du mouvement » est une réduction du temps du qualitatif au quantitatif, du temps vécu au temps social.

La discussion de l’atelier en vient à s’interroger sur Henri Bergson, l’homme, le philosophe, son « moi vécu ». Beaucoup d’informations existent sur sa biographie officielle. Il fut un philosophe célèbre et

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admiré. Mais très peu sur sa vie personnelle, son « moi profond ». Nous nous intéressons à quelques évènements majeurs. L’affaire Dreyfus, en 1898, où il ne prendra pas position publiquement, contrairement à son condisciple Jaurès. Son élection à l’Académie française en 1914, où il doit essuyer une campagne de l’Action française (il est le premier académicien d’origine juive). Sur l’engagement politique de Bergson, peu de choses. Pourtant, pendant la guerre de 14-18, il fera deux missions diplomatiques, en Espagne en 1916, en Amérique en 1917, pour expliquer ce qu’était la France, ce qu’elle représentait dans cette guerre, pour convaincre, les Etats Unis en particulier, de s’engager militairement aux côtés de la France. Né en 1859, Bergson prend sa retraite de l’enseignement en 1919. Il se consacre alors à son oeuvre. Néanmoins, il fait une longue mission de 3 ans, de 1922 à 1925, comme président de la Commission internationale de coopération intellectuelle, la CICI qui était alors, à l’intérieur de la SDN, l’équivalent aujourd’hui de l’UNESCO dans l’ONU. Il y met en place les institutions favorisant les échanges universitaires, la défense des études classiques. Atteint d’un rhumatisme articulaire qui ne cessera de le faire souffrir jusqu’à sa mort en 1941, il démissionne de la CICI en 1925. En 1933, lors de la venue d’Hitler au pouvoir, Emmanuel Mounier, fondateur de la revue « Esprit », demande à Bergson de signer un manifeste contre l’antisémitisme. Bergson refuse : « Je n’ai jamais rien communiqué (au public) qui n’eût été complètement élaboré. Jamais je n’ai donné d ‘ interview, précisément pour cette raison. D’autre part, si c’est simplement pour que je déclare réprouver l’antisémitisme allemand que vous me demandez de vous adresser une ligne, c’est parfaitement inutile : cette réprobation va de soi. Un telle déclaration n’a d’intérêt que si c’est un non-juif qui la fait ». (Henri Bergson, Eléments de bibliographie, par Frédéric Worms, Société des amis de Bergson ,décembre 2006).

Ce qui a retenu alors intensément notre attention est le geste de Bergson face à la mort. A la suite de rumeurs, une partie de son Testament dut être publiée par Mme Bergson, dans une lettre de Suisse à Emmanuel Mounier : «  Mes réflexions m’ont amené de plus en plus près du catholicisme où je vois l’achèvement complet du judaïsme. Je me serais converti si je n’avais vu se préparer depuis des années (…) la formidable vague d’antisémitismequi va déferler sur le monde. J’ai voulu rester parmi ceux qui seront demain des persécutés. Mais j’espère qu’un prêtre catholique voudra bien, si le cardinal archevêque de Paris l’y autorise, venir dire des prières à mes obsèques. Au cas où cette autorisation ne serait pas accordée, il faudrait s’adresser à un rabbin, mais

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sans lui cacher et sans cacher à personne mon adhésion morale au catholicisme, ainsi que le désir exprimé par moi d’avoir les prières d’un prêtre catholique. »

Les un(e)s et les autres nous commentons la rigueur, la précision et la force avec laquelle, au moment ultime, avec pudeur (un testament), Bergson exprime son rapprochement « au plus près » du catholicisme, il ne dit pas « conversion », cela donc n’étant pas « rupture » avec le judaïsme, lequel trouve son « achèvement », sa « continuité », dans le catholicisme, gardant en dernière instance définitivement « fidélité » au peuple juif , parce que voué à l’extermination nazie, parce qu’il veut « rester parmi ceux » qui sont et seront « persécutés », sans toutefois perdre l’expérience de sa rencontre ultime avec le catholicisme, dans une tension et une unité spirituelle admirable. A ce moment, devant ce que nous avons convenu d’appeler le « saut qualitatif » d’une telle spiritualité, comment résister à l’émotion qui a gagné la plupart d’entre nous. «  Il y a quelque chose qui dépasse » dit Irène. Et Ismaîl : «  Cela me renvoie au « saut qualitatif » que j’ai connu moi aussi, lorsque j’ai rompu avec « une autre religion » pour aller vers la laîcité, l’athéisme, revenir à l’humanité ! ». Plus tard, Ismaîl nous racontera l’histoire d’une nuit, en Algérie, pendant la guerre d’indépendance, en plein couvre-feu, où encore en prime adolescence, il parcourut maisons, rues, casernes, à la recherche d’une aide, médecin, pompiers, pour venir au secours d’une enfant malade, qui hélas ne survécut pas. Aujourd’hui ce temps retrouvé de l’acte hors du commun par la force du récit restitue l’expérience sensible du « saut qualitatif » dont est capable la spiritualité et la liberté. Car nous convenons que ce qui anime ce genre d’action et de décision est bien de l’ordre de ce qui brise l’habitude, l’obéissance, la peur de l’inconnu et du risque, ce qui fait agir la liberté en réponse à l’appel de la situation et de l’exigence profonde du moi pêrsonnel «  Là où augmente le risque, augmente aussi ce qui sauve ». ( Holderlin ) Encore faut-il faire le « saut ».

Plus tard encore, quelqu’un demande qu’on regarde de plus près un texte consacré à « l’intuition bergsonienne ». Le texte s’avère revêche. De plus il s’agit simplement d’un commentaire de Bergson. Nous décidons de voler de nos propres ailes. Pas de lecture donc, mais seulement y trouver les raisons d’un élan. Dans ce texte, il y est question, s’agissant de l’intuition, « d’expérience, sensible, temporelle, immédiate ». « Expérience »,

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c’est le « tout » de la « réalité vécue » dont on parlait plus haut. « Sensible », c’est ce qui passe par la « présence » à cette réalité, et non sa « représentation », dans le langage par exemple. « Temporelle », c’est l’immersion, « l’immanence » de la « présence » dans la « durée », c’est pour ainsi dire le « je dure », à l’image du « je pense » cartésien. « Immédiate », c’est le présent, ici et maintenant, au sens littéral, « sans médiation ». Ainsi serait « composée » la « méthode » de l’intuition. Pour aller plus loin, et comment s’y est-on pris à l’atelier, je ne sais plus, pour nous retrouver à faire l’hypothèse des troubles de la mémoire, et de 0savoir alors comment ça marche l’expérience de l’intuition pour la perception de la durée. Hegel nous avait appris de « séjourner après du négatif » pour comprendre. Maintenant il s’agit de partir du « pathologique » pour accéder au « normal » (Sur ce sujet, super lecture à faire : « le normal et le pathologique » de Georges Canguilhem, un classique !). Or, il y a une « expérience pathologique » qui a longuement intéressé Bergson, c’est la « paramnésie » ou le souvenir du présent, expérience qui nous conduit aux rapports mémoire et perception, et par là aux sources de l’intuition. C’est l’impression du « déjà vécu » exactement , identiquement, dans tous les détails et toute la tonalité de la scène, d’une séquence, qui de fait se développe dans le présent immédiat, et qui pourtant semble avoir la tonalité, le timbre, la couleur d’un souvenir. « Illusion de la reconnaissance » dit Bergson, qui correspondrait à l’annulation complète des 4 dimensions de l’intuition, le sensible de la perception est devenu mémoire, la temporalité de la succession est devenue réitération, l’immédiateté de la présence est transformée en répétition. Bergson explique alors que cette illusion se produit lorsque l’intuition permanente de la durée personnelle, qui est mouvement du tout de notre présence au monde en fonction des exigences sociales de l’action ou des aspirations de notre être, se trouve ralentie, voire immobilisée, ne serait-ce qu’un court instant, et cette illusion ne dure en effet qu’un court instant. Immobilisée par quoi ? Par une subite distraction, une « vigilance » distraite par un désintérêt à la « vie » dans la situation présente, par l’«affaiblissement » provisoire de « l’attention à la vie ». Alors, les perceptions du présent qui habituellement sont renvoyées, au fur et à mesure du mouvement de notre vie immédiate, dans le domaine de la mémoire, toute perception devenant au fur et à mesure mémoire, chaque instant, pourrait-on dire, étant à la fois perception en devenir et mémoire en processus de conservation, à ce moment du court recul de la conscience se détournant

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du cours et du sens de la vie présente, la perception n’avance plus(« rêverie ») et la mémoire déjà disponible et en cours de cette même perception se trouve adhérer à cette perception rêveuse. Alors se produit ce que l’on peut appeler et paradoxalement un « souvenir du présent ». Le moment pourtant vient assez vite, quelques secondes, où la « réalité vécue » nous rappelle à ses exigences, et la fluidité interconnectée du mécanisme perception-mémoire rétablit le flux de la « durée ».

De nombreux commentaires fusent. Mais alors, « ce n’est pas une maladie ! ». En effet. Mais il y a aussi des troubles de la mémoire très profonds, qui ne sont pas une illusion. Hélas oui ! On parle d’Alzheimer. On se demande « où se conservent les souvenirs ». Alors là, Bergson est formel. Ils se conservent nulle part ! Selon le schéma perception-mémoire évoqué plus haut, tout se conserve, mais tout n’est pas rappelé dans le souvenir. Tout se conserve ? La psychanalyse, l’interprétation des rêves, semblent en attester. Tout n’est pas rappelé ? En effet, Bergson pense que ne sont rappelés que les souvenirs utiles au présent, en fonction du mouvement même de l’adaptation à la vie présente, et sur la ligne de pointe de ce qu’il appelle « l’élan vital ». Nous reverrons sans doute cela avec le texte de la prochaine séance sur « l’évolution créatrice ». Il y aurait donc deux mémoires : la mémoire-habitude, celle qui a inscrit tout notre passé et nos apprentissages au service implicite du présent. Ah ! s’il fallait tous les jours réapprendre à lacer ses chaussures, et tant de choses devenues inconscientes qui tiennent debout notre présence au monde ! Et puis il y a la mémoire créatrice, celle qui est à l’œuvre dans l’intuition, dont la forme concrète est l’attention, l’attention à ce qui advient, et surtout aux virtualités en désir d’actualisation, toutes prêtes à faire « le saut » de la liberté, parce qu’imprévisibles. C’est la rencontre de la situation et du moi profond qui arme la décision, donnant ainsi corps et âme à la singularité de notre vie personnelle. Aussi bien, l’attention est créatrice. D’abord de mémoire : on ne se souvient bien que de ce que l’on a vécu et perçu dans l’attention précise à ce qui vient. Ensuite, créatrice de liberté, puisqu’elle garantit que l’on ne se laisse pas entrainer dans la défaillance de la faculté de rencontre et l’oubli de soi.

La suite, sûrement, avec le travail sur « l’évolution créatrice ». On avait parlé d’un « Que sais-je » extrêmement bien fait sur les concepts philo principaux. C’est « les 100 mots de la philosophie », sous la direction de Frédéric Worms, coll/ que sais-je ? A domani, camarades philosophes.

Atelier du 30 avril 2014: Kant

 Toujours dans notre réflexion sur le temps, nous avons choisi un texte de Kant, extrait de “Idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique” où Kant définit l’Histoire comme une avancée due à la concurrence entre les individus, et comme la rivalité, la lutte et la guerre entre les Etats : conflits et guerres qui entraient à leur tour le progrès de l’humanité toute entière.

Extrait de la première proposition.

“Quel que soit le concept qu’on se fait, du point de vue métaphysique, de la liberté du vouloir, ses manifestations phénoménales, les actions humaines, n’en sont pas moins déterminées, exactement comme tout événement naturel, selon les lois universelles de la nature. L’histoire qui se propose de rapporter ces manifestations, malgré l’obscurité où peuvent être plongées leurs causes, fait cependant espérer qu’en considérant (dans les grandes lignes) le jeu de la liberté du vouloir humain, elle pourra y découvrir un cours régulier, et qu’ainsi, ce qui dans les sujets individuels nous frappe par sa forme embrouillée et irrégulière, pourra néanmoins être connu dans l’ensemble de l’espèce sous l’aspect d’un développement continu, bien que lent, de ses dispositions originelles. Par exemple les mariages, les naissances qui en résultent et la mort, semblent, en raison de l’énorme influence que la volonté libre des hommes a sur eux, n’être soumis à aucune règle qui permette d’en déterminer le nombre à l’avance par un calcul; et cependant les statistiques annuelles qu’on dresse dans de grands pays mettent en évidence qu’ils se produisent tout aussi bien selon les lois constantes de la nature que les incessantes variations atmosphériques, dont aucune à part ne peut se déterminer par avance mais qui dans leur ensemble ne manquent pas d’assurer la croissance des plantes, le cours des fleuves, une marche uniforme et inintérrompue. Les hommes, pris individuellement, et même des peuples entiers, ne songent guère qu’en poursuivant leurs fins particulières en conformité avec leurs désirs personnels,etsouvent au préjudice d’autrui, ils conspirent à leur insu au dessein de la nature; dessein qu’eux-mêmes ignorent, mais dont ils travaillent, comme s’ils suivaient un fil directeur, à favoriser la réalisation; le connaitraient-ils d’ailleurs qu’ils ne s’en soucieraient guère.

Considérons les hommes tendant à réaliser leurs aspirations; ils ne suivent pas simplement leur instincts comme des animaux; ils n’agissen pas non plus cependantcome des citoyens raisonnables du monde selon un plan déterminé dans ses grandes lignes. Ausi une histoire ordonnée ( comme par exemple celle des abeilles ou des castors), ne semble pas possible en ce qui les concerne. On ne peut se défendre d’une certaine humeur, quand on regarde la présentation de leurs faits et gestes sur la grande scène du monde, et quand, deci dela, à côté de quelques manifestations de sagesse pour des cas individuels, on ne voit en fin de compte dans l’ensemble qu’un tissu de folie, de vanité puérile, souvent aussi de méchanceté puérile et de soif de destruction. Si bien que, à la fin, on ne sait plus quel concept on doit se faire de notre espèce si infatuée de sa supériorité. Le philosophe ne peut tirer de là aucune indication que la suivante: puisqu’il lui est impossible de présupposer dansl’ensemble chez les hommes et dans le jeu de leur conduite le mopindre dessein raisonnable personnel , il lui faut rechercher du moins si l’on ne peut pas découvrir dans ce cours absurde des choses humaines un dessein de la nature :ceci rendrait du moins impossible, à propos de créatures qui se conduisent sans suivre de plan personnel, une histoire conforme à un plan déterminé de la nature.(….)

Extrait de la cinquième proposition

Le problème essentiel pour l’espèce humaine, celui que la nature contraint l’homme à résoudre, c’est la réalisation d’une Société civile administrant le droit de manière universelle.

(…) Une société dans laquelle la liberté soumise à des lois extérieures se trouvera liée au plus haut degré npossible à une puissance irrésistible, c’est -à- dire une organisation civile d’une équité parfaite, doit être pour l’espèce humaine la tâche suprême de la nature. Car la nature, en ce qui concerne notre espèce, ne peut atteindre ses autres desseins, qu’après avoir résolu et réalisé cette tâche. C’est la détresse qui force l’homme, d’ordonaire si épris d’une liberté sans bornes, à entrer dans un tel etat de contrainte, et, à vrai dire, c’est la pirez des détresses: à savoir, celle que les hommes s’infligent les uns aux autres, leurs inclinations, ne leur permettant pas de subsister longtemps les uns à côté des autres dans l’étatde liberté sans frein. Mais alors, dans l’enclos que représente une association civile, ces mêmes inclinations produisent précisémentpar lasuite le meilleur effet.Ainsi dans une forêt, les arbres, du fait même que chacun essaie de ravir à l’autre l’air et le soloeil sefforcent à l’envi de se dépasser les uns les autres, et par la suite, ils poussent beaux et droits. Mais au contraire, ceux qui lancent en liberté leurs branches à leur gré, à l’écart d’autres arbres, poussent rabougris, tordus et courbés. Toute culture, tout art formant une parure à l’humanité, ainsi que l’ordre social le plus beau, sont les fruits de l’insociabilité, qui est forcée par elle-même de se discipliner et d’épanouir de ce fait complètement, en s’imposant un tel artifice, les germes de la nature.

Edito du 3 avril 2014

Édito

200 personnalités : responsables syndicaux, associatifs et politiques, mais aussi acteurs du monde de la culture, des arts et du sport, ont signé un appel pour une grande marche nationale le 12 avril 2014 à Paris.

Une marche contre les politiques d’austérité et pour exiger l’abandon du pacte de responsabilité.

(en  ligne de mire, la sécurité sociale, les services publics et … nos retraites).
Mais aussi l’espoir d’un rassemblement nouveau pour des alternatives et une juste redistribution des richesses.

Le site de l’initiative unitaire :
www.marche12avril.org

Atelier du 2 avril 2014: Kant

Dans la suite de notre réflexion sur le temps, nous avons choisi un texte de Kant, extrait de la Critique de la Raison Pure, qui pose, et fonde, le temps comme une des deux “formes à priori de la sensibilité”, le temps étant la “forme interne” à l’opposé de l’espace qui est la “forme du sens externe”. (voir texte plus tard).

Ce texte a été analysé et discuté avec Janie

Compte-rendu de Claudine.

Le texte de Kant, le temps comme forme a priori de la sensibilité, insistait :

1) sur le caractère interne du temps, et établissait une subjectivité, mais pas individuelle, une subjectivité de l’humanité, commune aux sujets humains. Cette présence interne du temps est liée à une intuition sensible,

2) sur le caractère à priori, avant toute expérience, du temps : même s’il se révèle avec. En cela, Kant s’oppose aux empiristes comme Locke et Hume, pour qui l’expérience construit, peu à peu, le temps. Une discussion nous a aidé à préciser le sens non chronologique de “avant”.

3) sur le caractère “linéaire” de l’axe-temps. Kant, comme presque tous les autres philosophes, est obligé d’utiliser la métaphore de l’espace dans la mesure où on ne peut s’empêcher de figurer le temps par une ligne.

Bien qu’assez abstrait, le passage de Kant a donné lieu à une discussion très vive où chacun racontait son expérience du temps, et les aléa de sa mémoire : impression de “déjà vu”, expérience d’arrêt du temps, de retour des moments passés et de spirale de la durée, de changement de rythme dans le vécu, etc. Et aussi “qu’est-ce que l’instant ?”‘, l’instant présent, coincé entre l’immédiat passé et le futur immédiat.

On a bien regretté de ne pas avoir pris de notes!

 

Fête des Amandiers

Retour sur la fête de quartier des Amandiers du 2 juin 2013

Pour faire connaitre le projet de jardin partagé dans le quartier et inciter des habitants à se joindre à la démarche, le groupe d’habitants rattaché à l’association U.N.R.P.A a réalisé et tenu un stand à la fête du quartier des Amandiers le 2 juin 2013.

Le stand a eu beaucoup de succès, un certain nombre de personnes ont indiqué leur intérêt pour participer au projet de jardin et ont laissé des coordonnées pour être contactées.

Stand fête

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C’est peut-être un peu dur à retenir au début, mais après, il paraît que c’est que du bonheur!

Comment profiter de votre temps libre cet hiver ?

BRASSAI “Pour l’amour de Paris” : exposition gratuite à l’Hôtel de Ville de Paris jusqu’au 8/03/2014 – Salle St Jean – tous les jours sauf dimanche et jours fériés – de 10h à 19h.

L’institut des Cultures d’Islam Goutte d’Or est ouvert au 56, rue Stephenson (18è)Propose des cours d’Arabe, de calligraphie, mais également des projets culturels et des expos. Sans oublier la possibilité de se détendre dans son hammam et de déguster un bon thé à la menthe.

Cinéma : un jeudi après-midi par mois, le Louxor, 170, Bd Magenta (10è) organise son Université populaire – Pour connaître le programme tel : 01 44 63 96 96 – www.cinemalouxor.fr

Musée de l’Histoire de l’Immigration – Palais de la Porte Dorée
Métro : 8 – tram 3A -porte Dorée : Exposition jusqu’au 27 avril 2014 “Des Histoires dessinées entre ici et ailleurs” – Bandes dessinées et immigration 1913-2013.

Atelier du 4 décembre 2013 (Arendt) et suivants

Mercredi 4 décembre, nous avons tenu l’atelier philo , en continuant de lire un texte présenté dans la séance précédente par François : la condition de l’homme moderne, de Hannah Arendt . C’est Claudine qui faisait hier  la présentation. les deux premier compte-rendus suivront: le premier a été fait par Claudine et Irène, le deuxième sera écrit par Janie et Eva.

Eva nous a présenté son livre ” Ceux du fond de la classe” Toute sa vie d’institutrice  rebelle, qui résiste aux autorités administratives , et très engagée, sera retracée, reprise en compte rendu par François, qui également apporte, la fois suivante des textes de Marx des Manuscrits de 1844, qui s’imposaient pour illustrer et commenter le récit d’Eva. Et le mercredi 12, un petit “atelier intermédiaire” a décrypté, en détail et ligne par ligne, une partie des textes apportés par François.